samedi 21 décembre 2013

On n'apprend pas avec la peur

Qu'est-ce que la peur ?

La peur est un phénomène psychologique à caractère affectif qui s'accompagne d'une prise de conscience d'un éventuel danger, réel ou imaginé, d'une menace. 

Quelque chose qui est à caractère affectif est quelque chose qui donne du plaisir ou apporte la douleur. 

La prise de conscience est un état dans lequel on reconnait qu'il y a une menace, un danger. On parvient à mettre en mots ce que l'on ressent, les risques que l'on prend. 

Une menace est une manifestation au cours de laquelle on marque sa colère, un violent mécontentement accompagné d'agressivité, avec l'intention de lui faire craindre le mal qu'on peut lui préparer.




Faire peur à un enfant, le menacer ne l'encourage pas à fournir un effort loyal, c'est-à-dire fidèle aux engagements qu'il a pris. Un engagement est une promesse d'aller au bout de ce que l'on a décidé de faire.

L'enfant ira au bout de son engagement, s'il ne cherche pas de feinte, c'est-à-dire une manière de cacher ses vrais sentiments, ses vraies intentions. Dans une feinte, un enfant, comme un adulte, présente ses faux sentiments, ses fausses intentions comme des vrais sentiments, des vraies intentions. Mais, en réalité, c'est du mensonge. Les vrais sentiments, les vraies intentions sont cachées, masquées.

Les efforts, la bonne volonté sont en réalité hypocrites. L'hypocrisie est un attitude qui consiste à déguiser ses sentiments, ses intentions. Déguiser ses sentiments, ses intentions, c'est les modifier pour tromper, les cacher sous des apparences trompeuses. L'hypocrisie pousse à la duplicité. La duplicité est une attitude qu'une personne adopte en cachant ses vrais sentiments, ses vraies intentions. Cette attitude est dite double parce que la personne joue deux rôles, se conduit de deux manières différentes simultanément. Cette attitude double conduit à de la confusion quand on cherche à la comprendre, à l'interpréter

En se conduisant de cette manière, l'enfant, comme l'adulte, fait l'effort minimal. Il n'en fera pas davantage. Il se contentera de faire l'effort pour satisfaire le désir de l'adulte ou de l'autre. Mais, de cet effort, il n'en tirera aucun profit. Il n'ira pas au bout de l'effort qui l'aidera à surmonter l'obstacle auquel il est confronté. 
Il ne cherchera pas à analyser, à comprendre l'obstacle auquel il est confronté. Il restera fâché avec.

Quand il se conduit de la sorte, c'est que l'effort qui lui est demandé est un effort important. Non pas qu'il ne sache pas le faire, qu'il ne puisse pas aller au bout de cet effort, mais l'intensité de cet effort exige de lui une certaine concentration, une attention, une certaine tension pour dépasser l'obstacle auquel il est confronté. Et, il n'y arrive pas.

Si l'enfant, comme 'ladulte d'ailleurs, ne va pas au bout de cet effort, s'ilo ne surmonte pas les obstacles qui se dressent devant lui,  il ne cherchera pas à faire l'effort pour tous les obstacles de la vie. Il ne cherchera pas à se comprendre, à faire de son mieux, à tirer profit de cet effort pour apprendre quelque chose, remplir ce qu'il est.

A force de punitions, de réprimandes, de menaces, l'enfant éprouvera une certaine lassitude. Un certain ras le bol peut l'emmener vers la dépression.Il ne s'investira plus dans rien. Plus rien ne l'intéressera. Il ne s'ouvrira plus à rien. Et, les quelques efforts qu'il fournira, il se contentera de els fournir pour servir les intérêts de l'adulte ou de l'autre. Mais, il ne le fera pas pour lui-même. Il se contentera de faire des efforts en apparence. Quoiqu'il fasse, quoiqu'il dise, quoiqu'il pense, il aura le sentiment que rien ne sera bien. Rien ne sera juste. Rien ne conviendra. Rien ne sera conforme à ce qu'on attend de lui.

Si bien, qu'en grandissant, il deviendra quelqu'un de passif, de poussif. Il aura tellement peur de la menace qu'il ne se risquera plus de faire quoique ce soit. Il deviendra un adulte qui ne saura plus vouloir. Et, il deviendra un adulte qui ment.

Il deviendra un adulte qui ne saura plus investir sa vie, que ce soit sa vie affective et/ou sa vie professionnelle.Plus rien ne l'intéressera. Et, il ne saura même plus ce qui l'intéresse. Il ne s'intéressera plus à rien parce qu'il craindra toujours les menaces et les réprimandes. Il pensera que, quoiqu'il fasse, quoiqu'il dise, ce sera réprimandé, contesté, incompris, détesté. 

Il pourra même aller très loin, parfois sans en avoir conscience. Il pourra se conduire lui-même de telle manière qu'il poussera l'autre à le menacer, à le réprimander, à le punir, à le sanctionner, à le contester, à le détester.... Il manipulera l'autre pour se conforter dans l'idée qu'il ne peut rien faire, qu'il ne sait rien, qu'il ne vaut rien, qu'il n'est pas capable de vouloir. Il laissera le sentiment qu'il n'a pas de "vouloir", ni de "pouvoir". Il perdra son autonomie, son indépendance.

En se conduisant ainsi, il anticipera les punitions, les réprimandes, les sanctions, le rejet, l'abandon, le mépris, le délaissement, l'isolement. Il mènera par lui-même les autres à le rejeter, le délaisser, l'abandonner, le mépriser, l'isoler. 

Il deviendra complètement passif. Et sa passivité sera mal vécue. Elle inspirera tous les sentiments qu'il a suscités lui-même : le mépris, le rejet, l'abandon, l'isolement, le délaissement.Il s'enfermera dans un cercle vicieux dont il ne parviendra pas à se sortir. Il plongera dans la dépression.

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