lundi 23 décembre 2013

Les dangers de la compétition 1

La compétition est la mise en concurrence de plusieurs personnes. Ces personnes ont le même but. Ilssont à la recherche des mêmes avantages, des mêmes bénéfices, des mêmes profits.

Seulement, si chacun prend le même départ, pour atteindre le même but, chacun est différent. Chacun a un potentiel différent. Chacun a des capacités différentes. Chacun se voit offrir des possibilités différentes. Chacun a à sa disposition des moyens différents. Même si on pourrait croire que tout le monde a les mêmes chances, peut accéder aux mêmes outils pour parvenir à atteindre le but, tout le monde ne parvient pas à le faire. parce que chacun a une somme de difficultés à surmonter. Certains sont moins chargé que d'autres en terme de difficultés. Certains sont plus avantagés que d'autres en terme de moyens et ce dans tous les sens du terme. Certains ont plus de facilités de compréhension que d'autres. Certains ont un niveau de conscience plus avancé que d'autres. Nul n'est au même niveau.

Certains prennent les autoroutes de la compréhension pour accéder au but. D'autres doivent se contraindre à prendre les nationales, les départementales, voire même les chemins communaux. Peut-être simplement se contenter de pistes éventuellement aménagées. D'autres doivent créer ces pistes parce qu'elles n'ont jamais été créées. Et pourtant, tous, nous tendons vers le même but.

Certains ont un lot de difficultés si lourds qu'ils s'y noient. Cette noyade leur donne l'impression qu'ils ne parviendront jamais à s'en sortir. Ils ont l'impression que tout cela est insurmontable....

Même si le but paraît offrir les mêmes avantages, les mêmes bénéfices, les mêmes profits pour tout le monde, cette mise en concurrence des individus pour les atteindre met en difficultés les uns par rapport aux autres.

La compétition peut être un atout pour les uns, un handicap pour les autres.

Chez les uns, la compétition les pousse à se comparer eaux autres. Cette comparaison leur offre l'occasion d'être satisfaits de ce qu'ils font, de ce qu'ils sont. Ils construisent une image positive d'eux-mêmes. Ils prennent confiance en eux. Les moyens qu'ils se donnent pour satisfaire leurs aspirations et atteindre le but offrent des résultats très encourageants qui les poussent à fournir plus d'efforts, des efforts continus pour parvenir à atteindre ce but. Ils se rendent compte qu'ils sont tous aussi capables que les autres et ils apprécient de savoir qu'ils pourront réellement bénéficier des mêmes avantages, des mêmes profits que les autres, même si les efforts sont plus intenses que pour les autres, c'est-à-dire ceux qui ont des facilités.En eux, germe un sentiment qui leur fait penser qu'ils sont égaux aux autres.

Chez les autres, cette compétition crée un sentiment de supériorité. Ils éprouvent du mépris que ce soit pour les camarades qui sont aussi capables qu'eux ou pour les camarades qui sont le plus en difficultés. Ils les estiment indignes d'intérêts. Ils les rejettent, les font souffrir en mettant une distance pleine de haine.... Vis-à-vis de leurs camarades, tout aussi forts qu'eux, ils éprouvent une espèce de jalousie. Cette jalousie est un sentiment d'hostilité parce qu'ils se rendent que l'autre peut jouir des mêmes bénéfices, des mêmes avantages que lui et il craint toujours de les perdre à un moment ou à un autre. Il craint que l'autre le dépasse, soit meilleur que lui, supérieur à lui. Il craint de se voir déposséder de ce qu'il a, sa notoriété, l'attention qu'il attire par exemple.

Cette mise en compétition peut créer des rivalités. Ils se disputent. 
Quelqu'un qui a des facilités peut créer des rivalités avec ses camarades qui ont le même niveau que lui. Ils peuvent se disputer les premières places, les meilleures notes, etc.... Ils peuvent se disputer beaucoup de choses.

Mais, ils peuvent aussi créer des conflits avec ceux qui sont en difficultés.
Les conflits sont la rencontre d'éléments contraires, d'éléments qui s'opposent.

Chez les autres, la compétition peut créer un sentiment d'infériorité. Ils peuvent se sentir léser, désavantagés. Ils ressentent un décalage, c'est à dire un manque de concordance, un manque de correspondance, un écart entre eux et les autres. Ils ont le sentiment qu'ils existent une plus ou moins grande distance entre eux et les autres. Ils vivent avec le sentiment que leurs difficultés les ralentissent, les empêchent de progresser. Ils ont le sentiment que leur cerveau est mou, ramolli. Ils se dénigrent, se dévalorisent, se désespèrent, abandonnent la bataille tant les efforts leur semblent si intenses par rapport aux maigres résultats qu'ils ont.

Cet écart crée de l'envie. L'envie est un sentiment de désir accompagné d'irritation, de haine, de mépris. Celui qui est en difficulté aimerait bien réussir mais n'y parvient pas. Il ne sait pas comment s'y prendre. Quand il voit l'autre réussir, il est en colère autant après lui-même que les autres. Il s'oppose de plus en plus à l'autre dans de violents conflits. Il nait, chez lui, un sentiment très douloureux. Il aimerait posséder ce que l'autre a. Mais, il n'y parvient pas.Cela génère de la crainte, de la peur. De la peur de passer à côté de quelque chose d'important. Cela crée un sentiment de perdre quelque chose. Quelque chose lui échappe. Il croit, il sait qu'il peut en bénéficier. Mais, il ne parvient pas à l'atteindre. Des sentiments de frustrations grandissent dans son coeur. Celui qui est en difficultés souffre beaucoup parce qu'il voit l'autre réussir et pas lui. Et, l'autre, par son succès, le renvoie face à ses propres faiblesses, ses propres difficultés.Le plus fort les lui rappelle quotidiennement. Au lieu de les pousser à se donner les moyens de réussir, cela les pousse vers l'abandon, l'échec. Il a envie de tout envoyer promener.

Ceux qui sont en difficultés souffrent beaucoup parce que leurs camarades qui réussissent les regardent d'un mauvais oeil.Comme les enseignants les regardent d'un mauvais oeil d'ailleurs. Eux réussissent. Ils ne comprennent pas pourquoi les autres ne réussissent pas. Ils les dénigrent, les dévalorisent, les méprisent, les humilient. Parfois, dans les comportements comme dans les mots, que ce soit les adultes ou les enfants, cela peut aller jusqu'à l'humiliation.

Mais, ceux qui insultent, maltraitent les autres sont vaniteux.La vanité est un défaut. Une personne vaniteuse est une personne qui étale sa satisfaction d'elle-même. C'est une personne qui a une haute opinion positive, avantageuse d'elle-même. C'est une personne qui s'accorde une valeur au delà de ce qu'elle est en réalité. Elle exprime cette haute valeur avec une telle arrogance, une telle insolence que ceux qui se sentent en difficultés se sentent méprisés, détestés, insultés.

Et, cette vanité dont on nourrit les enfants qui réussissent ne fait que créer des conflits. Ceux qui réussissent s'amusent à agiter leurs avantages, leurs profits, leurs bénéfices à al barbe et au nez des autres. En le faisant, ils prennent le risque de créer des conflits. Parce qu'en agitant cela, ils créent de l'envie, de la jalousie, de la colère, de la rage, de la haine. Ils ont une conduite irrespectueuse vis-à-vis des autres.

Et, au bout du compte, cette vanité ne sert ni les intérêts des plus doutés, ni les intérêts de s plus en difficultés et encore moins ceux des professeurs. Cela ne sert pas les intérêts des professeurs parce qu'ils en arrivent à devoir gérer des conflits dans les classes. Ils passent leur temps à fliquer plutôt qu'à enseigner. L'école devient non plus un lieu d'instruction mais une garderie. les cahiers deviennent vides. On croit que les enfants ne peuvent plus apprendre, qu'ils sont si fatigués d'apprendre qu'on en vide les programmes de leurs contenus. les manuels actuels ressemblent à des albums photos de vacances. Ils n'ont plus rien dedans qui soient consistants.

Cette vanité n'avantage ni les gens qui ont des facilités ni les gens en difficultés parce qu'elle n'aboutit à rien. Elle amène à un vide. A un vide de sens. A un vide de consistance. Elle est dépourvu d'efficacité. Elle n'a pas de bases sérieuses. Elle est sans fondement.

La compétition amène le vide autant sur le plan individuel que sur le plan collectif. Parce que les exigences ne respectent ni le rythme individuel, ni le rythme collectif. la compétition ne respecte ni les compétences individuels, ni les principes de complémentarités. Chacun ne peut pas exprimer ses compétences, ses qualités, ses dons. Tout le monde doit ressembler à tout le monde. Cela crée une uniformité qui rend mal à l'aise tout le monde parce que personne ne s'y retrouve. Personne ne sent à l'aise dans ce système. Ni les élèves. Ni les professeurs. Ni les parents.


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